Cavalier de La Salle

René-Robert Cavelier de La Salle

1670 – 1687

René-Robert Cavelier de La Salle est né le 21 novembre 1643 à Rouen, en Normandie, dans une famille riche et bourgeoise. Entré au noviciat des Jésuites de Rouen, à l’âge de 15 ans, il prononce ses voeux en 1660. Cinq ans plus tard, il exprime le désir d’être envoyé en mission. Mal dans sa peau, il invoque ses « infirmités morales », pour demander d’être relevé de ses voeux. Le 27 mars 1667, René-Robert Cavelier de La Salle est libre. C’est sur cette note que débute la carrière de celui qui découvrira l’embouchure du fleuve Mississippi, le « Père des eaux ».

L’obsession

Sans métier ni fortune, Cavelier de La Salle arrive en Nouvelle-France en 1667. La présence de son frère Jean, sulpicien établi à Ville-Marie depuis moins d’un an, pourrait avoir influencé ce choix. Sitôt arrivé, le jeune homme obtient une terre située dans l’ouest de l’île de Montréal. Par dérision, La Salle étant obsédé par la recherche du passage vers la Chine, cette seigneurie sera surnommée « La Chine ».

La fièvre de l’exploration

Au mois de juillet 1669, La Salle est prêt à rechercher la mer Vermeille (océan Pacifique) qu’il espère atteindre par la rivière Ohio. Dans son enthousiasme, celui qui ne veut « laisser à un [aucun] autre l’honneur de trouver le chemin de la mer du Sud et par elle celuy de la Chine », a vendu sa terre à ceux qui la lui avaient donnée, équipé 5 canots de traite et embauché 14 hommes. L’exploration étant aussi, par l’angle de l’évangélisation, l’affaire de l’Église, le sulpicien François Dollier de Casson l’accompagne avec trois canots, sept engagés et un précieux compagnon, l’abbé René de Bréhan de Galinée chargé de dresser les cartes des découvertes.

Les compagnons de La Salle ne tardent pas à constater que leur chef est incompétent. Il ne parle ni l’algonquin ni l’iroquois et, selon Galinée, il « s’engageoit dans ce voyage presque à l’estourdie, sans savoir quasi où il alloit. »

Au mois de septembre, le groupe atteint la rive nord du lac Érié. Le 1er novembre 1669, prétextant son mauvais état de santé, La Salle annonce qu’il retourne à Ville-Marie. La Salle se fond dans la nature, réapparaissant dans la colonie à la fin de l’été 1670. Il prétendra plus tard avoir, dès lors, découvert le Mississippi et devancé les Jolliet et Marquette…

Émissaire et protégé de Frontenac

En 1673, le gouverneur Louis de Buade de Frontenac délègue Cavelier de La Salle en mission au lac Ontario où ce dernier convoque une réunion des chefs des tribus iroquoises qui l’autorisent à construire un fort à Cataracoui (fort Frontenac). Ayant mené à bien l’entreprise qui vise à assurer à la Nouvelle-France le contrôle de la traite des fourrures sur les Grands Lacs, La Salle se rend en France pour obtenir davantage. Il en revient avec des lettres de noblesse et, moyennant certains engagements, la seigneurie de Cataracoui est créée pour lui.

La Salle veut plus. De retour en France en 1677, il soudoie un personnage d’influence et présente un rapport flatteur et mensonger des découvertes qu’il s’attribue. Le 12 mai de l’année suivante, il obtient le privilège d’explorer l’espace compris entre la Floride et le Mexique. Ce privilège est élargi pour lui permettre de « construire des forts aux lieux qu’il jugera nécessaire et d’en jouir aux mêmes conditions que du fort Frontenac. »

Constructeur de forts

La Salle est de retour en Nouvelle-France le 15 septembre 1678, avec une trentaine d’hommes inexpérimentés, dont le récollet Louis Hennepin qui sera le premier à décrire et à dessiner les chutes du Niagara. À cet endroit, pendant que certains élèvent les murs du fort Conti ou Niagara, d’autres construisent un brigantin, le Griffon. Le 7 août 1679, le petit navire s’éloigne de Niagara en direction de Michillimakinac où il s’arrête, 20 jours plus tard.

Après avoir fait voile vers la baie des Puants (Green Bay), La Salle renvoie le Griffon à Niagara et poursuit, en canot, l’exploration du lac Michigan. Rendu à l’embouchure de la rivière des Miamis (Saint-Joseph), il fait ériger le fort Miamis. En janvier 1680, le groupe, qui a atteint le site de l’actuelle ville de Peoria, en Illinois, s’attaque à l’érection du fort Crèvecoeur. Pendant les travaux, malheureusement, Niagara est détruit par un incendie et le Griffon disparaît sans laisser de traces.

La Louisiane

L’expédition qui se met en branle à partir du fort Crèvecoeur, au mois de janvier 1682, comprend 23 Français et 18 Amérindiens. Ils se dirigent vers le sud par les rivières Chicagou, des Renards (Fox River) et Illinois. En février, ils atteignent le Mississippi (près de Memphis), où La Salle fait ériger le petit fort Prud’homme.

Le 6 avril, enfin, le delta du Mississippi est en vue. Trois jours plus tard, près de l’actuelle Venice, l’explorateur revêt un manteau écarlate galonné d’or et fait dresser une croix sous laquelle est enterrée une plaque portant l’inscription suivante : « Au nom de Louis XIV, roi de France et de Navarre, le 9 avril 1682. » Le procès-verbal de la cérémonie témoigne des paroles prononcées par celui qui venait d’étendre la Nouvelle-France jusqu’aux confins de l’empire d’Espagne :

« Je, René-Robert Cavelier de La Salle, en vertu de la commission de Sa Majesté que je tiens en mains, prêt à la faire voir à qui il pourrait appartenir, ai pris et prends possession, au nom de Sa Majesté et de ses successeurs de sa couronne, de ce pays de la Louisiane, mers, havres, ports, baies, détroits adjacents et de toutes les nations, peuples, provinces, villes, bourgs, villages, mines, minières, pèches, fleuves, rivières compris dans l’étendue de ladite Louisiane. »

Mort au Texas

Le roi de France accueillit cette découverte en la qualifiant de « fort inutile ». Néanmoins, trompé par des cartes mensongères qui situaient le Mississippi à proximité du Rio Grande et de la Nouvelle-Espagne, Louis XIV confia à La Salle la tâche d’établir une colonie en Louisiane. Le 24 juillet suivant, 288 personnes, dont quelques femmes, quittaient La Rochelle à bord de quatre navires qui entreprirent, sans savoir où elles allaient, de trouver le Mississippi par l’Atlantique, la mer des Antilles et le golfe du Mexique.

L’épidémie, le manque de vivres et d’eau potable, la perte d’un navire, le départ d’un autre, la désertion et la perte de nombreux hommes vont compromettre l’établissement d’une colonie à la source du Mississippi.

En février 1687, 36 personnes seulement forment l’entourage de La Salle. Irritable, hautain et impitoyable, il s’est aliéné les derniers fidèles. Il est mort sur le territoire du Texas, tiré à bout portant, le 19 mars 1687. Trois de ses compagnons avaient été assassinés avant lui. Les comploteurs s’entre-tuèrent à leur tour.

Source: Musée Canadien de l’histoire 

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