Source : Musée canadien des civilisations

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Début d’une colonie

 

 

Les Vikings sont les premiers Européens à  aborder sur les cà´tes de l’Amérique du Nord.  Plus tard, d’autres viendront chasser la baleine, pêcher la morue et explorer ce continent peuplé par les Amérindiens depuis plus de 10,000 ans.

 

Grâce au knorr, un navire construit pour affronter l’Atlantique Nord, des Vikings norvégiens entreprennent une lente migration, au IXe siѐcle, qui les conduira, via l’Islande et le Groenland, jusqu’en Amérique.  Les sagas nous racontent les récits épiques de ces voyages.

Vers l’an mille, quelques descendants des colons d’Islande et du Groenland atteignent la baie des Épaves sur la cà´te de Terre-Neuve.  Ils s’installent sur l’emplacement de l’actuel parc historique national de l’Anse aux Meadows.  Les vestiges de ce site archéologique constituent les seuls témoignages probants de la présence viking sur le continent nord-américains.

 

La Nouvelle-France est un territoire nord-américain peu exploré, peu peuplé, fortement défendu et revendiqué au nom des monarques français.  La France fait rayonner son influence par les activités d’une compagnie de traite de la fourrure, puis sous les auspices d’un gouvernement colonial créé par Louis XIV. Les Français construisent une série de forts et de villages qui cerne finalement les treize colonies anglaises.  Ils établissent également un régime foncier seigneurial, organisent l’Église catholique et jettent les bases d’un commerce mercantile florissant avec la France.

 

Les Français émigrent peu, à  l’inverse de leurs voisins anglais, espagnols et portugais, qui colonisent abondamment leurs territoires américains.  En effet, la France craint de dépeupler son royaume et la fourrure, moteur de l’économie de la colonie, exige peu de main-d’Å“uvre.  Les rigueurs du climat et les guerres iroquoises rebutent aussi les candidats à  l’immigration.

Sur les 33,000 Français qui tentent leur chance, environ 11,500 s’enracinent, surtout des militaires et des engagés qui décident de s’installer au pays aprѐs leur service.  Les femmes représentent à  peine 12% des immigrants qui demeurent au pays.

 

Cette population fondatrice est à  l’origine des 85,000 habitants d’origine française que compte la colonie en 1760.  Elle est aussi à  la source des communautés francophones actuelles de l’Amérique du Nord.

 

La marine marchande française compte 750 navires en 1688 et 1800 en 1738.  Le commerce colonial s’accroà®t rapidement.  Puisque les marchands souhaitent obtenir davantage d’information en provenance des colonies et des intervalles plus rapprochés, ils rédigent davantage de lettres.

 

En l’absence d’un service postal transatlantique, les marchands conçoivent des moyens de gérer le courrier et réussissent à  surmonter les contraintes saisonniѐres et les risques de la navigation en haute mer.  Advienne que pourra, Bordeaux, Louisbourg et Québec restent en constante communication.

 

Le transport maritime et la pêche sont les piliers économiques d’une ville comme Louisbourg.  Cette ville est à  la croisée du commerce et des communications de la région de l’Atlantique, et les navires peuvent s’y rendre 12 mois par année.  Le courrier envoyé de France à  Québec peut arriver via Louisbourg à  bord d’une petite goélette canadienne durant l’été et par voie terrestre en hiver.  Les courriers hivernaux ne sont pas rapides, mais ils sont fort bienvenus.  Un tel courrier quitte La Rochelle le 6 novembre 1756 et arrive à  Louisbourg le 30 janvier.  Quatre jours plus tard, le 3 février, il est envoyé à  Québec et y arrive en avril.  Les Québécois peuvent enfin savourer des nouvelles fraà®ches…vieilles de six mois!

 

Abraham Gradis (1699-1780) est un négociant de Bordeaux qui participe activement à  l’économie transatlantique, du Canada à  Louisbourg, au nord, jusqu’aux Antilles françaises.  Sa société fournit les magasins du roy au Canada.

 

Sans un flot continu de lettres, transportées par des navires, pour distribuer argent, avis, cadeaux et biens de commerce, Gradis n’aurait jamais pu exercer un contrà´le efficace sur ses activités depuis la France.  François Bigot, l’intendant de la Nouvelle-France, compte parmi ses partenaires.

 

Le golfe du Saint-Laurent est la voie de passage du Canada.  Durant l’été, les navires y passent à  leur aller-retour de Québec.  L’hiver, le grand fleuve est fermé à  la navigation.  Les derniers navires à  quitter Québec le font trѐs tard en octobre.  Les premiers qui arrivent au cap Diamant y parviennent en juin ou en juillet.  Sauf exception, il n’y a pas de courrier l’hiver.

 

 

La guerre de l’Indépendance américaine (1755-1783) anéantit le premier Empire britannique, mais l’effet immédiat de cette révolution sur le Canada est l’accroissement de la population.  Le Québec, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse sont inondés de réfugiés loyaux à  la Grande-Bretagne.  Le Québec est divisé en deux : le Haut Canada devient en majeure partie britannique et protestant, tandis que le Bas Canada demeure principalement français et catholique.

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Déplacements

 

 

 

On marche beaucoup en Nouvelle-France.  Les citadins se déplacent généralement à  pied et les voyages en forêt exigent de longs portages.  En dehors des villes, le réseau routier se résume, au XVIIe siѐcle, aux sentiers des Amérindiens et aux bouts de chemins unissant les habitations dispersées le long du fleuve.

 

Il faut attendre les années 1730 pour qu’une premiѐre route, le chemin du roy, joigne Québec à  Montréal.  Cette route, que les autorités jugent essentielle au commerce et à  l’occupation du territoire, permet d’effectuer le trajet en quatre jours au lieu de huit par voie d’eau.

Lors de la construction des routes, chaque habitant doit défricher la partie qui traverse sa terre et participer aux corvées publiques.  Plusieurs refusent, prétextant que le canot leur suffit pour se rendre au marché ou à  l’église.

 

Ci-contre, un des étalons que Louis le Grand fit

 envoyer avec soixante belles juments vers 1675.

  

Les premiers chevaux seraient venus de Perche.  à€ la ville, ce sont surtout les charretiers et les membres de l’élite qui les utilisent.  à€ la campagne, les habitants s’en servent comme vêtes de trait et pour la promenade.  Ils les apprécient tellement que les autorités veulent en limiter le nombre parce qu’ils enlѐvent de la nourriture aux bêtes à  cornes et rendent les gens paresseux.

 

à€ compter de 1697, un messager royal transporte les dépêches royales entre Québec et Montréal, principal axe de communication de la colonie.  Pedro Dasilva, également appelé le Portugais, est le premier à  occuper ce poste.  Sen gendre, Jean Moran, lui succédera.

Les lettres sont souvent portées par des messagers autochtones qui ont une connaissance approfondie du pays.

Les messagers autochtones qui ont des jambes solides et des canots légers.  C’est à  eux qu’on confie la transmission de toutes les nouvelles – bonnes et mauvaises, orales et écrites, légales et illégales.  Ils parcourent les principaux sentiers continentaux entre le Canada et les endroits à  l’est et au sud de la colonie.

Apparence

La notion de propreté, aux XVIIe  et XVIIIe siѐcles, repose sur l’apparence, c’est-à -dire la tenue vestimentaires, les perruques et les cosmétiques.

 

Les plus riches font volontiers étalage de leurs nombreux vêtements.  Ils changent souvent leur chemise de corps, censée absorber la sueur et nettoyer la crasse.  Ils ont recours à  des parfums de toutes sortes dont ils s’aspergent le corps et qui imprѐgnent vêtements, perruques,  mouchoirs, dentelles et gants.  Ces parfums serviraient à  camoufler les odeurs fortes des corps mal lavés.

 

La majorité de la population ne peut cependant se procurer ni artifices ni vêtements en grand nombre : on porte longtemps le même linge.  Les effluves qui s’en dégagent font partie de la palette des odeurs de l’époque.  Dans ce dessin de Basi Hall, le voyageur accompagnant le capitaine Franklin, on peut remarquer qu’on se contente généralement d’épouiller et de peigner les cheveux, qui sont portés soit en forme de tresse, soit long et tombant sur les épaules.

Le climat et les fréquents déplacements amѐnent les immigrants à  adopter des vêtements plus fonctionnels.  Dѐs 1660, des hommes s’habillent « à  la canadienne Â»: aux marins, ils empruntent mitaines, bonnets et capots de laine; aux Amérindiens, mocassins, bottes et mitasses, souvent confectionnés avec des tissus et des cuirs européens.

Les femmes, à  cause de leur travail plus sédentaire, conservent davantage leur vêtement français.  Fiѐres et coquettes, elles sont à  l’écoute de ce qui se passe en France.  Au XVIIIe siѐcle, elles délaissent les étoffes aux tons unis pour arborer les cotonnades et les toiles  aux couleurs vives qui envahissent alors le marché.

 

Ce dessin ci-contre illustre la tenue huronne avant 1750.

Parmi les marchandises de traite, les Amérindiens s’intéressent d’abord aux objets de parure, aux armes à  feu et à  la quincaillerie.  Puis, au XVIIIe siѐcle, les textiles dominent nettement les échanges, en particulier les draps (rouges ou bleus), les couvertures et les capots de laine, les manches  de serge et les chemises de toile écrue.

 

 

 

Villes

 

Les habitants vivent généralement dans les limites d’un établissement rural comprenant de 10 à  50 censives (propriétés).  Celles-ci bordent les rives du Saint-Laurent, telle une rue de village.  Grâce aux messagers royaux, les nouvelles voyagent rapidement le long de la principale route coloniale, le chemin du roy.

 

Les premiers établissements connurent une croissance lente sous le régime français.  De nombreuses menaces –maladies, incendies, guerres, famines – prélevaient réguliѐrement leur tribut dans la petite population.  Pour survivre, il fallait vivres les uns prѐs des autres.  Au milieu du XVIIIe siѐcle, les bâtiments commerciaux, résidentiels, militaires et institutionnels étaient construits cà´te à  cà´te, ce qui rendait la vie quotidienne plus facile à  organiser et moins dangereuse.

 

Les villes sont les plaques tournantes des communications.  Les avis royaux y sont proclamés.  Rumeurs et correspondances commencent et finissent à  Montréal et à  Québec, véritables  carrefours d’échanges.

 

Les villes de la Nouvelle-France concentrent les pouvoirs administratifs, militaires, économiques et religieux.  Conseillers du roi, fonctionnaires, officiers militaires et de justice, marchands et membres du clergé y élisent donc domicile.  Les villes sont aussi les principaux centres de distribution de biens et de services de toutes sortes.

 

Ces fonctions exigent une main-d’Å“uvre considérable.  D’abord des gens de services, notamment des commis, des domestiques et des esclaves au service de l’élite, mais aussi des charretiers, des pilotes, des aubergistes, des bouchers, des boulangers, des médecins et des notaires.    Ensuite, des gens de métiers, parmi lesquels dominent les artisans de la construction, du fer et du vêtement.

 

Ces travailleurs comptent souvent pour plus de la moitié de la population des villes.

 

Distribution des terres

 

Le régime seigneurial est le fondement du droit de propriété. 

 

Les représentants du roi distribuent des seigneuries aux seigneurs, qui concѐdent des terres (censives) aux colons, appelés « censitaires Â».  Ces derniers payent une rente annuelle, le « cens Â». Lors du transfert de la terre, le nouveau propriétaire doit payer une rente perpétuelle –sorte de taxe de mutation, en plus du cens et des redevances annuelles.

 

Seigneurs et censitaires sont liés par des droits et des devoirs, comme en Europe.  Par exemple, le seigneur a le devoir de construire un moulin à  farine et le censitaire celui d’y faire moudre son grain.  En guise de paiement, le seigneur prélѐvera la quatorziѐme partie de la farine moulue.

 

 

Cette carte montre la distribution des principales seigneuries avant 1755.  Au fil des ans, par vente ou héritage, ces seigneuries sont transmises et parfois morcelées.  L’Église et les communautés religieuses possѐdent les plus vastes, dont celle de la Petite-Nation, dans la vallée de l’Outaouais, attribuée à  monseigneur de Laval en 1674.

 

Le « terrier Â» est un terme ancien, employé pour désigner les documents relatifs à  la propriété des terres et les cartes ou plans de répartition de ces terres.  Les premiers rangs situés sur les rives du fleuve Saint-Laurent sont généralement découpés en bandes parallѐles, orientées nord-ouest et sud-est.  Ce paysage existe encore de nos jours.

 

D’autre part, on remarque des exceptions et des adaptations sur les riviѐres adjacentes, comme aux Trois-Riviѐres ou sur la riviѐre Beauport.  De plus, dѐs 1666, l’intendant Talon avait conçu le projet de grouper les habitants de Bourg-Royal, de Bourg-la-Reine et de Bourg=Talon (Charlesbourg) dans des villages en forme d’étoile pour  mieux les protéger des attaques iroquoises.

 

 

Écrire une lettre

 

Écrire est un geste physique.  La main qui se déplace sur la page et en lisse la surface, tempe la plume dans l’encrier maintes fois.  L’encre est mélangée et versée dans l’encrier.  Le papier est poudré pour faire sécher l’encre.  Les erreurs sont effacées avec un grattoir aux rebords aiguisés.  Le pli est scellé avec de la cire fondue et, pour finir, un sceau marque cette cire chaude.

Voilà , la lettre est prête à  partir.

 

La France a le bonheur de posséder une tradition riche en échanges épistolaires et commerciaux, messagers et voyageurs assurant la circulation du courrier sur les axes routiers et fluviaux du pays.  En Nouvelle-France, par contre, chemins et routes sont trѐs rares, et il faut créer de toutes piѐces les réseaux de transport et de communication.

 

Un service postal officiel? Rien de tel en Nouvelle-France.  Pourtant, nombreuses sont les lettres qui traversent l’Atlantique ou circulent tout le long du Saint-Laurent et à  travers le continent.  Grâce aux efforts de correspondants et de voyageurs, tant autochtones que non autochtones, le courrier arrive à  destination.

 

Il est possible de raconter l’histoire de la communication en Nouvelle-France à  partir de divers poins de vue : les liens transatlantiques, les messagers et les parcours continentaux, et la circulation de l’information sur les rives du Saint-Laurent.  Commençons par l’abc de la correspondance.

 

La justice

 

Au XVIIIe siѐcle, lorsque toutes les instances judiciaires sont mises en place, le systѐme comprend trois domaines : la haute justice, o๠l’on reçoit les causes en appel; la justice de premiѐre instance, qui comprend un tribunal ecclésiastique, un tribunal de l’Amirauté et des tribunaux de juridiction royale; tout en bas de la structure, la justice seigneuriale, qui peut en appeler aux tribunaux de juridiction royale.  Les cours de juridiction royale sont les plus actives parce qu’elles sont présentes dans les principales villes de chaque partie de la Nouvelle-France – Louisbourg, l’Acadie, le Canada, la Louisiane -  et qu’elles jugent autant les causes civiles que criminelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le pilori double, tel qu’utilisé en 1818 est utilisé pour exposer la personne fautive aux yeux de la population afin de porter atteinte à  sa réputation.  à€ l’occasion, un carcan de fer comme ceux fabriqués aux forges du Saint-Maurice, sert à  attacher par le cou le prisonnier.  Les portes de prison datent de la même période.

 

Comme en Europe, la justice est exemplaire.  Fouet, fer à  marquer, carcan, pilori et pendaison sont autant de peines qui témoignent d’un trait de la mentalité de l’époque : la familiarité avec la violence, le sang et la mort.

 

La justice se veut toutefois plus égalitaire et plus accessible qu’en France.  à€ cet effet, on apporte sur place des changements; on ne peut plus acheter les fonctions liées à  la justice, comme cela se fait en France; on interdit les avocats, accusés de provoquer des « chicanes Â» et de retarder les procѐs; on prolonge les délais habituellement accordés à  certaines causes afin de tenir compte des distances et du climat et on accepte l’absence de témoins pour les mêmes raisons.

 

Malgré ces mesures, le rêve d’une meilleure justice ne se réalise pas pleinement.  Les accusés sont privés d’un conseiller ou d’un défenseur, les mieux nantis font plus facilement appel au systѐme judiciaire et les citadins jouissent d’un meilleur accѐs à  la justice, la plupart des tribunaux se situant en ville.

 

 

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