Source : Sur la trace des Wallons de Suѐde

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Les De Geer vers la Suѐde

 

Article extrait de la Revue "Terre de Durbuy"
et publié avec l'aimable autorisation de son auteur M. Philippe BASTIN

A visiter : La Terre de Durbuy et son histoire


Les forgerons wallons représentés par Sixten Haage

 

Le 25 mai 2001, dans une salle souterraine de la mine de Dannemora et par une température de 6°, la Ville de Durbuy et la commune d’à–sthammar célébraient leur jumelage. Un an plus tà´t, la même cérémonie, avec les mêmes acteurs, s’était déroulée en la salle Mathieu de Geer sur les bords de l’Ourthe à  Barvaux.

Dannemora, Mathieu de Geer  autant de références à  ce qui rapproche ces deux cités, à  savoir l’épopée des Wallons de Suѐde, déjà  plusieurs fois évoquée dans la revue « Terre de Durbuy ».

Le personnage-clé de cette aventure, c’est Louis de Geer, né en 1587 au Château de Gaillarmont, qui fait maintenant partie du domaine de la Clinique Notre-Dame des Bruyѐres de Chênée.

Comment ce Liégeois deviendra-t-il le « pѐre de l’industrie suédoise »,
l’homme le plus riche que la Suѐde ait jamais connu ?
Une question de travail, d’habileté en affaires,
mais aussi de flair pour saisir quand il le fallait les bonnes opportunités.

 

A la fin du XVIѐme siѐcle, c’est dans le Nord de l’Europe que se trouvent ces opportunités. Depuis quelques années, les hommes d’affaires néerlandais ont intensifié le commerce avec la Scandinavie et les pays de la Baltique, important vers Amsterdam, premiѐre place commerciale mondiale, bois de construction, goudron, cuivre, peaux et cuirs, céréales. Ils connaissent aussi les richesses dont dispose la Suѐde  minerai de fer, forêts, forces hydrauliques. En outre, la région est relativement calme, sans conflits sociaux ou militaires, même si considérée comme un pays arriéré par rapport au reste du continent.

De Geer sera attiré en Suѐde par Guillaume de Bѐche (ou Wellam de Besche), qui s’y trouve depuis 1595 avec son pѐre et ses frѐres, y exploitant les forges de Nykà¶ping et Finspang. Wallon liégeois lui-même, de Bѐche a fait venir des ouvriers wallons exilés aux Pays-Bas (alors Provinces Unies) pour des raisons religieuses (chez nous, Pays-Bas catholiques, les protestants étaient pourchassés).

De Geer, lui, est déjà  un commerçant et financier trѐs actif. Les de Geer, qui ont quitté Liѐge pour Dordrecht puis Amsterdam, outre un rà´le de courtiers pour les négociants wallons, se lancent dans le commerce des armes et munitions, exploitant les ressources en soufre et salpêtre de leur pays d’origine. Ils deviennent aussi armateurs, assurant le fret des produits entre la Baltique et le Portugal. Une implantation à  La Rochelle est leur plaque tournante. Enfin, ils prêtent de l’argent, notamment au roi Gustave Adolphe de Suѐde, une fois que Louis aura été introduit dans ce pays par Guillaume de Bѐche.
Louis de Geer deviendra le garant et partenaire de de Bѐche pour l’exploitation des usines de Finspang, d’o๠sortiront des canons de fer réputés dans le monde entier.

 


Le château, situé à  la maniѐre hollandaise sur un à®lot du Finspà¥ngà¥n,
a été construit de 1668 à  1685 par Louis De Geer le Jeune.


http://www.finspong.se/francais/histoire_ind.htm


La fortune de Louis de Geer (qui prendra le contrà´le de nombreuses forges suédoises) est faite, à  un point tel qu’il devient le banquier du roi Gustave II Adolphe  il équipe ses armées en armes sophistiquées et lui avance des fonds (qu’il récupérera en acquérant la nationalité suédoise et des terres en grand nombre).

La Guerre de Trente Ans offrira un débouché intarissable pour ses fabriques et les ouvriers wallons qu’il y faisait travailler. Ce conflit opposait la Ligue catholique aux Etats protestants. L’armement des Suédois et de leurs alliés protestants était fabriqué en Suѐde, et il est probable que des armes fabriquées par des Wallons expatriés ont servi contre d’autres Wallons restés au pays qui combattaient dans les rangs des catholiques…

Naturalisé en 1627, anobli en 1641, Louis de Geer mourra à  Amsterdam en 1652, aprѐs une retraite consacrée à  l’érudition en son domaine de Finspang.


A l’appel de Louis de Geer

Et nos Wallons de Suѐde dans tout cela ? Au XVIѐme siѐcle, l’industrie métallurgique avait atteint chez nous un haut degré d’efficacité grâce à  l’application d’innovations techniques, dont l’utilisation d’un nouveau type de haut-fourneau ainsi qu’une méthode de forgeage à  deux opérations produisant un fer en barres de qualité supérieure. Malheureusement, les conflits qui ravagѐrent l’Europe aux XVIѐme et XVIIѐme siѐcles réduisirent tout cela à  néant, outre l’épuisement du minerai et des forêts.

Louis de Geer avait compris immédiatement que pour développer rapidement l’industrie du fer en Suѐde, il fallait importer une main d’Å“uvre qualifiée capable de reproduire là -bas tout le processus de fabrication, depuis l’abattage des arbres nécessaires à  la confection du charbon de bois jusqu’à  l’étirage des barres de fer sous le marteau de la forge.
Le recrutement fut lancé en Wallonie, mais aussi en France (Givet), en Lorraine, et ce dans les rѐgles, avec bureau de recrutement et contrats de travail soigneusement rédigés. Entre 1620 et 1640, ils seront cinq mille environ à  répondre à  l’appel.

On sait que Louis de Geer avait un cousin, Mathieu de Geer (ils étaient aussi beaux-frѐres, ayant épousé deux sÅ“urs), qui fut un temps le plus gros fondeur de la Terre de Durbuy. De Leufsta, o๠il avait rejoint son cousin, Mathieu écrivit une lettre à  un ami barvautois, y décrivant les qualités que devaient avoir les candidats au voyage (jeunes et forts ), mais aussi les avantages matériels qu’ils trouveraient sur place.

 

L'Uppland

Le voyage se faisait via Utrecht et Amsterdam (o๠l’engagement était confirmé). Les Wallons engagés par de Geer étaient dirigés sur Norrkà¶ping et continuaient vers Finspang (dans l’à–stergà¶tland, au Sud-Ouest de Stockholm) ou les forges de l’Uppland, au Nord-Est de Stockholm. Finspang, la commune aux quatre cents lacs, est jumelée avec Yvoir depuis 1967.

 

Que reste-t-il de cette page commune aux histoires de la Suѐde et de la Wallonie ? L’Uppland, et plus particuliѐrement sa partie située au Nord-Est d’Uppsala, compte vingt-trois bruks ou villages de forges, répartis sur quatre communes. Le point commun entre ces communautés, c’est la mine de Dannemora, qui fut considérée comme la premiѐre mine de fer du monde, tant au niveau de la quantité de minerai extrait que de sa qualité. C’est elle qui fournissait tous les bruks alentour. On y a extrait du minerai jusqu’en 1992, activité qui existait en 1481 selon les plus anciennes sources écrites, mais probablement à  la Préhistoire déjà . Mine à  ciel ouvert, elle présente au visiteur ébahi un trou d’une profondeur de cent mѐtres.

La forge wallonne d’à–sterby

Finspang et l'Uppland

Quant aux bruks, ils présentent des états de conservation plus ou moins marqués selon les moyens publics ou privés qui y sont consacrés. Les Durbuysiens ont plus particuliѐrement découvert la commune d’à–sthammar, dont fait partie Dannemora, mais aussi à–sterbybruk, qui s’enorgueillit de posséder une forge wallonne dans son état de jadis.

Le bruk d’à–sterby fut l’un de ceux que posséda et dirigea Louis de Geer.
Le haut-fourneau, d’o๠sortaient les « gueuses », longues barres de fonte, n’existe plus, mais la forge des Wallons du XVIIѐme siѐcle (agrandie et modifiée en 1794) est suffisamment conservée pour permettre au visiteur de découvrir les techniques mises en Å“uvre et les conditions de travail des forgerons. Les « gueuses » passaient d’abord au foyer de fusion, o๠elles étaient fondues et affinées pour réduire leur teneur en carbone. Aprѐs avoir été battu sous le « maka » (qui n’existe plus à  à–sterby, simplement suggéré par une ombre projetée sur le mur et une bande sonore), ce fer était prêt à  être forgé. Chauffé à  nouveau dans le bas-foyer ou foyer à  étirer, il était étiré en barres à  l’aide de l’aplatissoir actionné par une roue hydraulique.


La partie forge était assurée par un maà®tre-fondeur, un maà®tre-ouvrier et des valets-fondeurs, tandis que l’équipe de martelage était composée d’un maà®tre-marteleur, un maà®tre-ouvrier et des valets-marteleurs. Dѐs l’âge de douze ans, les garçons pouvaient commencer comme « goujards » ou garçons-charbonniers. Souvent, le maà®tre faisait entrer ses fils ou gendres, pour garder les secrets de fabrication entre Wallons. Tous les garçons du bruk aspiraient à  devenir un jour maà®tre-forgeron, pour le prestige et pour le salaire élevé. Vu le prix de vente du produit fini, la direction de la forge pouvait se le permettre. Mieux, l’équipe recevait une certaine quantité de minerai et de charbon pour produire une quantité donnée de barres de fer. Si elle produisait plus, elle recevait un supplément de salaire, et de même si elle économisait du charbon. Donc, plus les forgerons étaient habiles, mieux ils étaient payés.

Parmi les locaux annexes de la forge d’à–sterbybruk, on remarque le « magasin à  fer », o๠étaient stockées les barres terminées. Vers l’extérieur de la forge n’existait qu’une petite ouverture pour la sortie des barres. L’endroit était en effet soigneusement gardé. Pour conserver les secrets de fabrication d’abord, mais aussi pour la valeur économique de ce fer qui, paraà®t-il, se vendait aussi cher que de l’or. Ces barres étaient marquées d’un poinçon, chaque bruk possédant le sien. Le OO d’à–sterby correspond à  la lettre suédoise à– qui n’a pas son équivalent en wallon.

En hiver, lorsque chemins et cours d’eau gelés permettaient l’usage du traà®neau, ces barres étaient acheminées vers l’embarcadѐre de Kallà«ro, pour être exportées via Stockholm. Le fer d’à–sterby et des autres bruks était principalement destiné aux aciéries de Sheffield en Angleterre. Vu sa grande qualité, il servait notamment à  fabriquer des armes, mais aussi des piѐces de précision comme les instruments de chirurgie ou des piѐces d’horlogerie.

 

La forge d’à–sterby incluait aussi « labby », terme suédois dérivé de « l’abri », o๠les forgerons se reposaient entre deux pauses. Vu l’organisation du travail (la forge fonctionnait sans interruption, les hommes faisant des pauses de trois heures), les forgerons ne rentraient chez eux que du samedi midi au dimanche soir. Dans « labby », ils pouvaient dormir et prendre les repas qu’apportaient leurs épouses ou filles. Prѐs de la forge de fusion, on peut voir un petit réduit garni de paille. C’est un ancien abri, o๠plus d’un ouvrier ne s’est pas réveillé de son sommeil, asphyxié par les émanations du foyer tout proche.


Entre le manoir et l’église

Tous ces bruks étaient bâtis selon un plan défini, dont les grands pà´les étaient le manoir du propriétaire, la forge, le village, l’église, le campanile dont la cloche rythmait la vie quotidienne.
Les manoirs démontrent à  suffisance la munificence des propriétaires de forges. Le manoir d’à–sterbybruk, loin d’être aussi somptueux que ceux de Leufsta ou Forsmark, date du XVIIIѐme siѐcle. De 1802 à  1916, il fut propriété de la famille Tamm. Les guides y montrent le fauteuil roulant du dernier propriétaire.
Il paraà®t qu’au petit matin, les employés du château retrouvent l’engin à  un endroit différent de la veille au soir  c’est le fantà´me du dernier des Tamm qui hante les lieux.
De 1917 à  1932, l’artiste-peintre Bruno Liljefors y a vécu, installant son atelier dans une dépendance du château. Actuellement propriété de la Fondation Bruno Liljefors, le manoir, avec la petite église à  cà´té, a beaucoup de succѐs pour les fêtes de mariage. Une chambre nuptiale est même aménagée à  l’étage.
Dans les couloirs, on peut aussi admirer la collection originale des lithographies de l’artiste suédois Sixten Haage, un récit pictural contant l’aventure des Wallons de Suѐde, réalisé sur base de la synthѐse de multiples sources d’archives.

Nous y apprenons que les communautés des bruks comprenaient le personnel des forges, mais aussi un grand nombre d’ouvriers et d’artisans. On disait de certaines forges qu’elles étaient de véritables villages wallons transposés en Suѐde. Les habitants du manoir et leur personnel étaient aussi des immigrés, et tout le monde parlait la même langue, le wallon.
Au sein du bruk, la population jouissait de multiples avantages. Les enfants recevaient une « allocation de céréales » jusqu’à  l’âge de douze ans, ainsi qu’un enseignement scolaire qui a permis à  nombre d’entre eux de se faire une place de choix dans la société suédoise.
Pour l’homme adulte, le travail était garanti toute sa vie. Quand un ouvrier tombait malade (même si le caractѐre fermé des bruks les épargnait souvent des épidémies), il continuait à  percevoir son salaire et l’équipe faisait son travail. Si la maladie durait, il était admis à  l’infirmerie, aux bons soins du barbier-chirurgien.

En vieillissant, les travailleurs pouvaient passer à  une tâche moins fatiguante, avec réduction du salaire. Une allocation de vieillesse, sorte de minimum vital, était octroyée à  ceux qui ne pouvaient plus travailler. Et ceux qui n’étaient plus autonomes étaient installés à  l’infirmerie qui faisait office de maison de vieillesse. Les veuves recevaient une allocation de survie.

 

Les Wallons étaient plus évolués que les Suédois. Ils étaient propres (le bain du samedi était une institution), s’habillaient avec soin. En leur sein, les rangs sociaux étaient bien marqués. Dans les églises, à  l’instar des habitants du manoir, les forgerons et leur famille avaient des places séparées du reste de l’assemblée.

Parmi les facteurs ayant retardé l’intégration des wallons dans la société suédoise, on cite la religion, les pasteurs locaux ne voyant pas d’un bon Å“il ces immigrés arrivés avec leurs pasteurs qui en outre prodiguaient l’enseignement aux enfants.
Mais nos Wallons de Suѐde étaient-ils calvinistes, ayant éventuellement quitté leur terre natale pour raisons religieuses, ou catholiques ? S’il est vrai qu’aux XVIѐme et XVIIѐme siѐcles bon nombre de Wallons, protestants au sein des Pays-Bas catholiques, se sont expatriés pour des motifs religieux, il semble acquis aujourd’hui que l’exode suédois n’avait d’autres raisons qu’économiques.
Les de Geer, eux, s’étaient convertis à  la religion réformée, probablement déjà  avant de quitter Liѐge pour la Hollande. Mais comme la religion réformée était plutà´t le fait des classes privilégiées ou des intellectuels, les ouvriers et artisans qui peuplaient les bruks wallons devaient plutà´t être catholiques.

On sait par ailleurs qu’en 1625, le gouverneur général des Pays-Bas catholiques avait émis une interdiction d’expatriation à  l’encontre des ferronniers et forgerons namurois (interdiction étendue en 1627 à  l’ensemble des provinces placées sous son autorité). Pour justifier cette mesure (qui témoignait de l’ampleur de ce mouvement migratoire), les autorités se plaçaient sur le plan religieux, invoquant le risque pour les expatriés de perdre la foi catholique au profit du protestantisme.

On comprend enfin que ces gens venus du Sud devaient passer pour des « vivants » au regard de leur entourage protestant et nordiste plus rigoriste, d’autant que les hommes des bruks, jeunes et plus nombreux que les femmes, se révélaient volontiers, paraà®t-il, d’ardents « de jupons »…
En matiѐre de divertissements, les Wallons aimaient la musique et la danse, ainsi que les fêtes, dont les plus importantes étaient Noà«l et la Saint-Jean. Ils avaient aussi amené avec eux le carnaval.


Vallonà¤ttlingarna

L’intégration au sein de la société suédoise s’est faite progressivement. Aujourd’hui, nombre de descendants de ces Wallons sont fiers de leurs origines. Ils seraient actuellement une quarantaine de milliers. Mille deux cents d’entre eux sont membres de la Société "Les Descendants des Wallons de Suѐde" (Vallonà¤ttlingen), dont l’objectif, selon le premier paragraphe des statuts, est de  faire connaà®tre les apports des Wallons dans la vie économique et culturelle de la Suѐde, ainsi que d'aider à  la recherche dans ce domaine.

La Société s'efforce en plus de rassembler les descendants des Wallons qui ont émigré en Suѐde au XVIIѐme siѐcle, de contribuer à  la conservation de la culture wallonne en Suѐde et de créer un contact permanent avec la population de la Wallonie, ses autorités et institutions".
Elle a un site internet  http://www.vallon.a.se.
Actuellement, cette société tente de retrouver quarante et un Liégeois qui, enfants, avaient séjourné cinq semaines en Suѐde en 1948 à  son initiative, et de les remettre en contact avec les familles hà´tes de l’époque.

Mais revenons dans le berceau de ces Wallons de Suѐde, à  Leufsta (commune de Tierp), autre passage obligé. La forge de Leufsta fut aussi une propriété de Louis de Geer. L’un des maà®tres de la forge du lieu fut Mathieu de Geer (dѐs 1626-1627) qui, quelques années plus tà´t, était le plus gros fondeur de la Terre de Durbuy, possédant les fourneaux de La Forge sous Mormont et Roche-à -Frêne, ainsi qu'un quai et des entrepà´ts à  Barvaux (« Sur la Gѐre »). On sait de lui qu’en 1641 il est à  à–sterby, d’o๠il écrit une lettre à  des neveux.

Ce qu’on peut voir aujourd’hui à  Leufsta est ce qui a été reconstruit aprѐs 1719, date d’une invasion russe qui ravagea toute la cà´te. Mais le plan original du bruk avait été conservé. L’ensemble est actuellement propriété du Leufsta Trust, qui regroupe des pouvoirs publics et Louis de Geer, le dernier propriétaire privé et lointain descendant de son illustre homonyme.

En face du château et du parc, l’église est aussi le reflet de la richesse des anciens propriétaires de forges, pas par son aspect, mais par le joyau qu’elle renferme  un orgue baroque unique au monde, commandé à  Johan Nicolas Cahman, célѐbre facteur d’orgues suédois du XVIIIѐme siѐcle. Les virtuoses viennent de partout pour en jouer. Au même endroit, se trouve aussi un curieux terrain de jeux qui, sous un vaste hangar, initie les enfants à  l’histoire des forgerons wallons.

Minerai de fer et atome

A Forsmark (commune d’à–sthammar) encore, on retrouve le manoir, un superbe parc anglais, les maisons des forgerons et ouvriers s’alignant de part et d’autre d’une rue parfaitement rectiligne reliant le château et l’église, les deux pouvoirs. L’autre curiosité est la centrale nucléaire, la plus grosse pourvoyeuse d’emplois (huit cents) de la commune avec l’usine de renommée mondiale Sandvik (mille cinq cents).
Particularité : le bruk est propriété de la société Forsmarks Kraftgrupp qui gѐre la centrale. C’est celle-ci qui en assure l’entretien. Le manoir sert aux séminaires et réceptions de prestige, de concerts sont organisés en été dans la cour d’honneur, et les anciennes maisons des forgerons sont habitées par les travailleurs de la centrale  passé et présent industriels se rejoignent.

Dans l’ensemble, les efforts, fruits de la collaboration entre secteurs public et privé, consentis pour l’entretien de ces vestiges sont remarquables. L’entretien, mais aussi l’animation : musées, expositions temporaires, piѐces de théâtre, concerts, conférences et fêtes diverses émaillent la saison touristique, et d’une année à  l’autre, la région des bruks attire un nombre croissant de visiteurs, à  commencer par les Suédois

Ceux-ci découvrent avec intérêt cet épisode de leur histoire qui est à  l’origine d’une partie de leur identité : l’acier suédois, même si la situation a changé, a conservé sa réputation planétaire de qualité. Et ce n’est pas le seul apport que les historiens suédois attribuent aux « Wallons de Suѐde » dans le développement économique et social de leur pays.


Le site internet http://www.vallonbruken.nu est consacré à  la région de l’Uppland et à  ses bruks.


Bibliographie :

·        Maurice Fanon, « Les Wallons de Suѐde… en Terre de Durbuy », in Terre de Durbuy n° 20, 1986

·        Maurice Fanon, « Les Wallons de Suѐde (suite)», in Terre de Durbuy n° 39, 1991.

·        Sixten Haage, « Les Wallons en Suѐde », récit pictural, dans le cadre du projet « Les Wallons de Suѐde » de la Fédération pour l’encouragement des Beaux-Arts (sans date)

·        Georges Hansotte, « La métallurgie wallonne au XVIѐme et dans la premiѐre moitié du XVIIѐme siѐcle-Essai de synthѐse », in Bulletin de l’Institut archéologique liégeois, tome LXXXIV, 1972.

·        Marcelle Simal-Gillis, « aventure des de Geer et des Wallons en Suѐde in Terre de Durbuy n° 59, 1996

·        Michel Oris, Jean-François Potelle, « Les Wallons hors de la Wallonie », in Wallonie. Atouts et références d'une Région, (sous la direction de Freddy Joris), Gouvernement wallon, Namur, 1995.

·        Geneviѐve Xhayet, « La famille de Geer et l’émigration wallonne en Suѐde », in « La Wallonie de Louis de Geer et la Wallonie d’aujourd’hui », catalogue d’exposition, Stockholm, 1999-2000.

 

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