Source : Centre de recherches généalogiques du Québec

 


LES FILLES DU ROI



Une rumeur, sans fondement, lancée par un poѐte appelé Saint-Amant, et amplifiée par des publicistes mal informés, fait des filles du roi, des filles de joie. Certains vont, même, jusqu'à  les qualifier de garces. Pourtant, des témoins, déjà  au pays et en mesure de témoigner de la trѐs haute valeur morale de ces immigrantes, ont réfuté ces allégations.

Ces filles du roi sont, dans une proportion de 70%, des citadines. Certaines viennent de bourgs qui n'appartiennent pas à  la paysannerie, tandis qu'un petit pourcentage est issu de la bourgeoisie et de la petite noblesse. Trѐs peu, d'entre elles, peuvent être considérées "fille de petite vertu". Les statistiques de l'époque avancent même que 2,8% seulement, de celles-ci, se sont rendues coupables de fautes et de délits mineurs.

La confusion peut s'expliquer par le fait que, des prostituées racolées, dans Paris et dans certaines villes portuaires, par des marchands, des armateurs et des capitaines, ont été transportées vers les à®les des Antilles. Toutefois, ces "cargaisons humaines" arrivent à  bon port, sans l'intervention des pouvoirs publics. C'est aussi, trѐs certainement, à  cause de l'ignorance géographique; on confond les colonies françaises du Sud et celles de la Nouvelle-France. Ainsi, toutes les émigrantes, dirigées vers les possessions françaises d'outre-Atlantique, sont-elles baptisées, sans discernement, "filles du roi".

De 1663 à  1673, période o๠l'immigration de cette nature est la plus intense, prѐs d'un millier de jeunes filles sont arrivées en Nouvelle-France. Un texte de Jean-Raymond Douville et J.-D. Casanova extrait de La vie quotidienne en Nouvelle-France, en 1965, signale que: "Pour les jeunes filles de condition, destinées aux officiers méritants mais sans fortune, le cadeau du roi varie de cent à  cinq cents livres. La dépense préliminaire est fixée à  cent livres. Dix livres sont allouées pour le choix ou la levée, trente pour les vêtements et soixante pour la traversée. Pour sa part, le Conseil Souverain de la Nouvelle-France fournit, aux immigrées, quelques vêtements conformes au climat, et des provisions tirées des magasins du roi."

Ainsi donc, grâce à  leur ténacité et à  leur courage, hérités des ancêtres, les "filles du roi", avec leurs devanciѐres, sont les mѐres du peuple canadien-français. Elles ont assuré la survivance et la conservation de son héritage moral et culturel. Les descendants de ces humbles femmes n'ont pas à  rougir d'elles ni à  les renier mais doivent plutà´t en être fiers.




   

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